LE POLYPTYQUE EN  |  FR

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Chagall, Lissitzky, Malevitch au Centre Pompidou
19 juin 2018

L'avant-garde russe à Vitebsk est le sous-titre de l'exposition, plus précis évidemment que l'alignement de grands noms censé attirer les foules. C'est un peu le probléme : Vitebsk fut un lieu éphémère, comme on dit aujourd'hui, un moment circonscrit, dans la Russie post-révolutionnaire, d'une ébulition artistique vite évaporée par l'émigration des artistes.

Deux regrets donc. L'un que cela nous prive d'un regard sur les artistes tout aussi importants basés, à la même époque, à Moscou (dont Pevsner) ou Saint-Petersbourg. L'autre, qu'on ne nous dise pas ce que sont devenus, par la suite, ceux restés en Russie.


Delacroix au Louvre
19 avril 2018

Une exposition commune au Louvre et au Metropolitan Museum de New York est une exposition condamnée au succès, voire à la gloire, comme en un sens Delacroix lui-même (« vous me traitez comme on ne traite que les grands morts », dit-il). Les grandes peintures y sont en force, les dessins y ont peu de place, le maître y règne seul, ses prédécesseurs (Gros), ses émules (mais Géricault disparu, nul ne vint à sa hauteur) n’y entrent pas.

On discerne d’autant mieux combien Delacroix incarne à lui-seul le romantisme en peinture, comme Hugo en littérature, puisant à toutes les sources de ce courant, du Moyen Age à l’Orient.

La collection Le Polyptyque a abrité deux dessins, l’un de ses débuts (Faust et Méphisto), l’autre de sa pleine maturité (Études pour le salon de la Paix de l'Hôtel de Ville de Paris et pour la chapelle des Saints-Anges de Saint-Sulpice).


Les Hollandais à Paris, au Petit Palais
17 avril 2018

En collaboration avec le musée Van Gogh d’Amsterdam, le Petit Palais retrace les liens entre artistes français et néerlandais, de 1789 à 1914. Dans cet exercice d’esthétique comparée, on trouve côte à côté Spaendonck et David, Jongkind et Boudin, Van Dongen et Picasso, Mondrian et Cézanne, et, bien évidemment, une très belle salle consacrée aux peintures parisiennes de Van Gogh.

On retiendra le rapprochement entre Paysage avec rochers, Fontainebleau (1864), de Jacob Maris, et Lisière de la forêt de la Fontainebleau (1850) de Corot, rappelant sans conteste, quoique de facture moins audacieuse, le Sommet de carrière boisé de la collection Le Polyptyque.


Tintoret au Musée du Luxembourg
27 mars 2018

L’œuvre de jeunesse est toujours intéressante, qu’elle montre un artiste immédiatement maître de son art, Mozart ou Bonington, ou qui se lance dans une exploration d’autant plus fascinante que le terme n’en est pas connu, Delaunay ou Matisse.

Tintoret (à la différence de Titien) relève plutôt de l’exploration. La Tribune de l’Art a fait une critique très juste de l’exposition Naissance d’un génie au Musée du Luxembourg. On peut y ajouter que puisqu’il semble bien que Tintoret se soit formé auprès de Bonifacio de Pitati, quelques toiles de ce peintre eussent été bienvenues.

Faut-il y aller donc ? Oui, pour le plaisir que procurent le Jésus parmi les docteurs du Duomo de Milan (spectaculaire), le Portrait d’homme à barbe blanche de Vienne (tellement humain), la Sainte Famille avec le jeune Saint Jean-Baptiste de Yale (une esquisse à la Rubens, avant Rubens), et la furie pré-romantique de l’Enlèvement du corps de Saint-Marc de Bruxelles. Pour constater aussi que même des très grands, il reste des œuvres en mains privées, par exemple Suzanne ou le Réveil de Psyché (cf. photo en une), merveilleuse « poesia » très évocatrice des idéaux de la Renaissance, de l’inscription de l’humain dans la nature et l’architecture.