LE POLYPTYQUE EN  |  FR

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Matisse et Bonnard à Francfort
26 décembre 2017

Le Städel Museum, à Francfort, a eu la bonne idée de réunir en une exposition Bonnard et Matisse, deux peintres présents dans la collection Le Polyptyque. Comme c’est de surcroît un musée bien tenu, dans chaque salle on peut s’asseoir et consulter le catalogue. Déception : la couleur des reproductions pâlit devant les originaux. Et la couleur, chez Bonnard (sa vibration), les couleurs, chez Matisse (leur explosion), c’est quand même essentiel...

Donc allez-y (jusqu’au 14 janvier), voyez par vous-même, gorgez-vous de tableaux qu’on a peu l’occasion de voir, le Nu couché, fond de carreaux blancs et bleus de Bonnard (1909), presque un Lucian Freud ; L’Asie de Matisse (1946), qu’il avait prêté à Bonnard. Une admiration mutuelle, entre deux peintres au fond très différents, plus que l’émulation qui jouait entre Matisse et Picasso, c’est ce dont cette exposition porte le témoignage, sérieux mais roboratif.


Rubens et Raphaël à Vienne
6 novembre 2017

L’Albertina expose ses dessins de Raphaël uniquement, sans y inclure ses élèves et les distrayantes questions d’attribution qui s’y attachent ; ainsi que ceux de l’Ashmolean Museum d’Oxford, coprésentateur de l’exposition, mais aussi quelques-uns,parmi les plus beaux, du Louvre, de Lille (très riche en la matière) et d’ailleurs, et quelques peintures de petit format. Le tout compose un parcours en pointillé, pourrait-on dire, mais complet, des 20 ans qui séparent le débutant doué du demi-dieu des arts.

Le parcours de Rubens est à peu près le double, 40 ans d’activité. Le Kunsthistorisches Museum assemble, autour des esquisses, tableaux et grands retables de sa collection, d’autres tableaux, dessins et sculptures, en quelques thèmes : la représentation du corps, le mouvement, la métamorphose... et pose ainsi la question de l’inspiration (si vague que soit ce mot, il prend ici toute sa signification) de Rubens. Au fond, ce peintre était, d'abord, un chorégraphe.


Excursion à Chantilly, dans l'univers de Poussin
5 novembre 2017

Le château de Chantilly met Poussin à l’honneur par une double exposition.

Au cabinet d’arts graphiques récemment rénové, les dessins de la collection Reiset-Duc d’Aumale sont mis au jour, études d’après l’Antique ou des maîtres italiens, et dessins préparatoires aux chefs-d’œuvre tels que l’Adoration des Mages (Dresde).

L’exposition parallèle Le Massacre des Innocents montre les versions et l’étude approfondie du thème par Poussin, ses contemporains, et jusqu’à aujourd’hui. En point d’orgue, la toile magistrale de Guido Reni venue expressément de Bologne !


L'art du pastel au Petit Palais
5 octobre 2017

Le Petit Palais recèle une magnifique collection de pastels, forcément fragiles, rarement montrés. Cet ensemble représentatif du renouveau de la technique à la fin du 19ème siècle et au début du 20ème siècle, sort aujourd’hui des réserves.

L’exposition met à l’honneur, à côté de grands noms tel Degas ou Redon, des artistes méconnus. On découvre les nocturnes d’Alexandre Nozal, les ciels mouvants de Léon Clavel, dit Iwill.

L’œil est flatté par cette vibration de couleurs, au confluent du dessin et de la peinture… Résonnent ces mots de Huysmans « le pastel a une fleur, un velouté, comme une liberté de délicatesse et une grâce mourante que ni l’aquarelle, ni l’huile ne pourraient atteindre » (L’Exposition des Indépendants en 1881), si parfaitement illustrés par le Petit bouquet tricolore de la collection le Polyptyque.